• Résurrection

    C'était en janvier 2002. J'avais 43 ans.

    La vie s'écoulait mollement entre un mec que je n'aimais plus vraiment mais que je croyais être mon atmosphère, une vie où je m'emmerdais copieusement en essayant de rester "dans le rang" et des "amis" à clichés. Je me satisfaisais de cet état de fait parce que c'était reposant de ne pas me remettre en cause, reposant de ne pas avoir à me battre pour affirmer ce que j'étais vraiment. Lâcheté ? Assurément.
    Qu'il était reposant de ne pas voir que je n'étais qu'un morceau de tofu plongé dans le bouillon de la vie. Même saveur, même consistance : mollesse et fadeur.

    Mais en cette nouvelle année, j'allais faire LA rencontre qui allait me réconcilier avec la vie, avec ma Vie.

    Janvier 2002 : l'année où tout bascula
    Nouvelle venue dans une nouvelle entreprise, un jeune collègue avec qui je parlais de mes premières amours musicales, à savoir le hard-rock, me prêta un CD "Follow the Reaper" de Children of Bodom.

    La première écoute et les trois suivantes furent une véritable agression auditive !
    "Mais c'est quoi, cette merde?". Faut dire qu'à 43 ans les oreilles sont sensibles!
    Comment qualifier cet infâme magmas de bruits et de hurlements de musical ???!!!!

    Mais j'ai persévéré : casque sur les oreilles et son à fond, j'ai écouté encore et encore cette galette. Et ce fut le déclic : sous l’œil médusé de mon ex, je sautai sur la banquette et headbanguai instinctivement. Je ne m'en étais même pas rendu compte !
    Mais à l'écoute finale du CD, une énergie incroyable m'avait gagnée, tout mon sang bouillonnait littéralement, une gnaque oubliée depuis très longtemps m'envahissait et une fringale de...

    J'ÉTAIS VIVANTE BORDEL !

    J'ai pris une baffe monumentale dont je ne me remettrai jamais et qui m'a remis les idées en place.

    Mes premiers mentors m'abreuvèrent de heavy metal mais ce fut mon 1er festoche, le Wacken en août de la même année qui allait définitivement affirmer mes goûts : j'aime le bourrin, le brutal, le métal qui tache et qui dévisse les vertèbres.

    Mon entourage crut d'abord à une crise d'adolescence. Mais 5 ans plus tard, j'étais en immersion totale :  au moins un concert par semaine, organisation de Fêtes de la musique 100 % métales, soirées (abreuvées) au Black Dog, au moins un festival par an... certains parlèrent de métamorphose.
    En fait ce n'était pas une métamorphose mais l'accomplissement de ce qui couvait depuis 1971 : j'étais enfin moi-même et je rentrais à la maison !
    Mon ex me mit un marché dans les mains : le métal ou lui. Pauvre type ! Tchao blaireau !

    Depuis je galère, mais quand je flanche le Metal est toujours là pour m'insuffler son énergie, pour me remonter le moral et recharger mes batteries. Il me rend ce monde merdique un peu plus supportable
    A 61 ans, je suis toujours là et le jour où je claque, je veux qu'on m'envoie une dernière fois une Grande Danse Macabre de Marduk ! (et un fût de bière).

    Ce jour là, en suivant la Faucheuse (Follow the Reaper) le Metal m'offrit mon plus beau cadeau : LA VIE !

     


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 10 Novembre 2019 à 16:32

    Bonjour

    merci de cette tranche de vie avec le comment cette musique metal et ses differents styles musicaux sont arrivés dans ta vie, chere amie

     

    pour la video, j'aime la musique, pas le chant (n'est ce pas ah ah ah)

      • Dimanche 10 Novembre 2019 à 18:54

        Vraiment ? Tu me surprends ! lol

        Pour le comment, ça c'est fait ! Je cherche le pourquoi bien que j'en ai une vague idée.

        A bientôt ami Poète

    2
    Dimanche 10 Novembre 2019 à 21:36

    Bonsoir ma petite Pixelie,

    Je viens de lire tes commentaires sur mes articles (pas eu le temps de me connecter de la journée, étant chez mes parents pour mon anniversaire) et me voici enfin.

    Très sympa à lire ta "résurrection".Comme quoi il n'y a pas d'âge pour se mettre à écouter du metal. 

    J'aime beaucoup Children Of Bodom, que ce soit la musique et la voix qui ne me dérange pas.Depuis le temps je suis habituée aux grosses voix hé hé ! Ce n'est pas le cas de notre ami Philippe qui fuit toujours, le pauvre happy Tant que ses oreilles ne saignent pas ça va lol

    Lorsque je n'ai pas le moral ou si j'ai mal quelque part, la musique est là et me redonne la pêche, c'est mieux qu'un médoc ! Contrairement à toi, je n'ai pas eu la chance d'aller à beaucoup de concerts et je n'ai encore jamais mis les pieds dans un festival (snif !).On a qu'une vie et j'espère voir d'autres concerts avant de quitter ce monde. L'espoir fait vivre comme on dit. 

    3
    Lundi 25 Novembre 2019 à 18:06

    Huhu 'kala Copine Bruiiiiiiii (pardon, "Bonsoir Chère Amie") happy

     

    Je vais te dire : un texte comme celui-ci fait vraiment plaisir à lire ! A tout point de vue !

     

    J'ai découvert le Metal à l'âge de 19 ans, en 2005, avec Iron Maiden (album live "Death on the Road"), puis j'ai mis le bras dans l'engrenage, le Death avec Cannibal Corpse, le Thrash avec Slayer, le Pagan / Folk avec Eluveitie, Finntroll, Manegarm, Korpiklaani, puis fatalement, le Black Metal avec Forteresse, Woods of Desolation, Darkthrone, Woodtemple, Ulver, Summoning, Lustre, Eldamar, Dwarrowdelf (en BM Atmosphérique), ...

     

    Graduellement, après avoir découvert l'univers Fantasy avec le Donjon de Naheulbeuk, les romans Warhammer, Lance Dragon et Warcraft, ainsi que le jeu Warcraft III sur PC, j'ai commencé ma "résurrection" en gros Troll yes

     

    Mais à tel point que parfois, l'humeur aidant, je me prends réellement "pour un Troll" : il m'arrive de répondre "Comme un troll" à quiconque me demande "Comment vas-tu ?" Ou de "parler le Troll" ("Langue commune des Peaux-Vertes de Grand Gabarit"), surtout en forêt près des mégalithes, ou encore d'inventer des expressions genre "Faut pas me prendre pour un Lutin de 6 semaines" (!), "Et mon c*l c'est du poulet ? Non, c'est du troll !", "Il fait pas un temps à mettre un Korrigan dehors", ...

     

    Bref, je ne me prends pas du tout au sérieux, Dieu me tripote (ahah) Parfois même, je "gruike" (Bruiiiii) quand l'envie m'en prend ! Quand j'habitais Grenoble, et que j'allais boire une ou plusieurs bières avec un ami également Metalleux, il m'arrivait de chanter un truc Viking ou Trollesque en Norrois, en Suédois, en Finnois, à la terrasse d'un bar ... Tu imagines les réactions autour !

     

    Comme tout bon Troll qui se respecte, je rêve d'habiter en plein milieu de nulle part, entre forêt, prairie et rivière / étang (pour pêcher), dans une cabane en bois, sans voisins, et, pour parfaire le bouzin, rouler soit en Volvo 240 break (Scandinave, comme ... les trolls), soit en Nissan "Elfe" (Nissan "Patroll" ... bon, vous la comprendrez chez vous) he

     

    Comme pour toi, le Metal a toujours été là pour moi, dans les bons moments, comme dans les mauvais, le sous-genre changeant selon les circonstances et l'humeur. Cette musique n'a jamais critiqué les décisions que j'ai pris, ce que j'ai fait, ne m'a jamais critiqué en tant que tel. Et c'est pour ça que, ma fin venue, au moment de la dispersion de mes cendres en pleine forêt (je déteste les cimetières !), je réclamerai qu'on diffuse le morceau "Karaleuskaja" du groupe Litvintroll, puis le "De To Spellemenn" de Myrkgrav. Avec bières de luxe, charcuterie, fromage, pain ancestral à volonté pour tous. Pas de tristesse, parce que ce que la Terre accueille, elle le rendra. Et un esprit païen ne s'éteint jamais.

     

    "Une roche attendra l'éternité. Un Troll attendra à peine moins."

     

    Hail à toi, chère amie ! Bière et Baston pour toi, et que les Esprits du Metôôôôôôl t'accompagnent !

     

    - Le Troll

      • Lundi 25 Novembre 2019 à 23:32

        Dis-moi ô trollesque divinité, n'aurais-tu pas vu A headbanger's journey, par hasard ? :)

        Oh pinaise Marje ! je viens de comprendre ce qu'est le fossé générationnel !

        J'en suis restée aux turpitudes du petit Chaperon Rouge terrassant le méchant loup à coups de lattes (et les parents, y z'étaient où !?) et aux problèmes de colocation de Blanche-Neige avec les 7 gnomes. (A ce propos, as-tu lu la Psychanalyse des contes de fée de Bruno Bethelheim ? Passionnant et... terrifiant !).
        Les univers féeriques, magiques et fantastiques n'ont jamais vraiment eu de prise sur moi, pour une raison que j'ignore car je n'en suis pas moins une rêveuse. Sauf que mes rêves ont assez peu à voir avec les univers fantastiques, ils sont entre rouge et noir.

        Mais est-il si étrange de parler troll ?
        J'ai si souvent l'impression que l'on parle orc autour de moi qu'entendre parler troll doit être foutrement reposant !
        Et se prendre pour un troll c'est bien moins grave que se prendre pour un... génie.

        En lisant ton parcours initiatique es metal, je réalise que j'ai d'abord écouté du black avant le pagan et le folk, ce qui explique que bien que la frange soit parfois étroite, mon attirance va d'abord au BM qui semble plus répondre à ma personnalité profonde.

        Mais je navigue à l'ouïe, selon mon humeur tout comme toi, et maintenant que mon oreille a appris à sérier les sons, le metal est une vraie thérapie, une source de joie et, autant le dire tout net, de jouvence.
        C'est une musique de passion, d'émotions, d'instinct primaire aussi qui me permet d'assumer pleinement le côté sombre de moi-même. Le metal est ma catharsis.

        Même les métalleux ont marqué un temps de surprise car, en règle générale, à mon âge, en tant que femme, on est censé écouter du heavy ou du true metal (comme quoi les clichés...). Aujourd'hui, on ne me fait plus trop chier avec ça car le metal fait tellement partie de moi que c'est devenu naturel pour les autres aussi.

        A bientôt trollesque divinité ! Je me rendrai bientôt en ton temple pour un moment de joyeuse réflexion.

         

         

    4
    Lundi 9 Décembre 2019 à 13:50

    Très sympa cet article, c'est vraiment cool de nous raconter cette "résurrection" . Alors même si je n'écoute pas le même genre de Metal que toi, il est vrai que "j'y suis tombée dedans" en 1986 à mon entrée en 6ème, j'avais 11 ans, et c'est par la découverte de Europe que j'y suis restée ;-). Alors ça m'a pris du temps avant de décider de n'écouter presque que ça. Mais j'y ai foncé dedans en 1989/1990 en découvrant en plus Bon Jovi et en embrayant avec Guns'N Roses et compagnie en 1991/1992. Tout en restant fan de Europe. Après le long break que Europe a fait entre 1993 et 2004, cela m'a donné le temps de découvrir d'autres styles de Hard, et j'avoue que depuis 2000, j’apprécie beaucoup le Metal Symphonique. Voilà :-)

    Bisous

      • Lundi 9 Décembre 2019 à 14:40

        En fait j'avais mis un pied dans la porte en 1971 avec le Killer d'Alice Cooper et le Rock'a Cola de Judas Priest. J'avais une douzaine d'années. J'ai retiré le pied de la porte et écouté beaucoup de daubes mais la graine était semée.

        Et en 2002 elle a germé, poussé comme le haricot géant du conte et j'ai ouvert a porte en grand!
        Aujourd'hui il est vrai que beaucoup sont surpris de voir mamy s'éclater sur du Dying Fetus ou du Gorgoroth mais ce métal correspond à ma personnalité intrinsèque. Mais ça ne m'empêche de passer sans transition à du Maître Gims (là c'est que ça va mal !) en passant par Mozart. Et sans la moindre honte !

        J'aime bien ton expression "j'y ai foncé dedans" car c'est exactement ça !

        Quelque soit notre style de prédilection, on ne se dit pas "J'y va-t-y ? J'y va-t-y pas ?", on fonce car c'est une musique qui prend aux tripes direct !

        Les Guns devraient sortir un album l'an prochain mais avec eux...

        Bisous

    5
    Karina
    Jeudi 28 Janvier à 08:23

    Bonjour

    J'ai vu ton lien sur FB et je suis éclatée de rire en te lisant !

    Si j'ai bien calculer, tu as l'age de ma grand mère (sans vouloir te vexer). j'imagine mal ma mémé écoutant du métal, ou même du hard rock he Avec mes parents, c'est un sujet de dispute car ils pensent que c'est une musique de "dégénérés", alors je leur ferai lire cet article.

    Ton blog est bien cool !

    Stay metal !

      • Jeudi 28 Janvier à 09:20

        Je crois que tu as bien calculé :)

        Fais leur écouter du Jul, ça devrait les rassurer !
        Ça fait plus de 50 ans que le métal nourrit les polémiques et je pense que ça continuera encore longtemps... aussi longtemps que dureront la connerie humaine et l'intolérance. Les media n'y sont pas pour rien mais si tu essaies de leur expliquer sans entrer dans le conflit ouvert, ça devrait marcher.

        Merci de ton message et ne lâche rien !

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