• KANKAR Dunkel Millennia

    KANKAR Dunkle MillenniaKANKAR a vu le jour en Allemagne, dans le Land de Thüringe, en 2016

    Le duo formé de Stríð qui officie à la guitare, au chant et à la basse et de Plágan aux fûts, avait sorti un premier EP en 2018; Elemental Fury. Ils reviennent aujourd'hui avec un premier album Dunkle Millennia (Sombre Millénaire) qui sera disponible dès demain, sous le label Eisenwald.

    Cela faisait un bon moment que je ne m'étais pas remis de black metal entre les oreilles et pour ce retour du côté obscur de la Force, Dunkle Millennia est idéal.

    Est-ce l'influence culturelle de ce Land qui a inspiré le duo ? En effet, la Thüringe est une pépinière d'artistes et non des moindres dont voici quelques noms pêle-mêle : JS Bach, Nietzsche, Wagner, Liszt, Goethe, sans oublier les Richard, Wagner et Strauβ mais également un certain Léon Blum.
    Toujours est-il que KANKAR ne semble pas être insensible aux influences de ces illutres prédécesseurs (Blum mis à part)

     

    Gier (Cupidité) ouvre le bal des maudits sur quelques notes de guitare, une mélodie d'abord apaisante avant de laisser place à un morceau  lent, obsédant, entêtant où la batterie emballe le cœur. Chant black et vois claire d'arrière-plan sonnent le début de la messe, noire il va de soi.

    Krater in Sarx accélère le tempo, toujours avec ce parti-pris d'un leitmotiv qui s'accroche au cerveau derrière le jeu nerveux de la guitare. C'est foutrement bien calibré, pour le moment.
    Zerfall des Licht (Déclin de la lumière) se fait plus sombre et aussi plus agressif avec un chant plus malsain aussi (bemol voix claire). Ça blaste, ça matraque et bien que le tempo reste soutenu, l'impression d'être dans un pot de suie persiste. Le morceau dure 07:42 mn, peut-être un peu trop long pour moi mais les Allemands ont la bonne idée de créer une "arythmie" musicale qui fait que la durée passe plutôt bien.

    Vergeltung (Châtiment) commence comme le supplice du pal, de façon agréable, presque dansante pour s'enfoncer (si j'ose dire !) dans des notes plus sombres. Mais la voix additionnelle me dérange un peu.
    On est déjà au milieu de l'album avec le lourd Thüringer Schwarzmetall, aux rythmes alternés, puissants et entraînants. 

    Der Schütze (Le Sagittaire) qui commence dans une ambiance médiévale est une cavalcade puissante et sombre. Implacable et imparable. 
    N.E.I.D. me surprend avec un début assez "groovy", totalement inattendu et plutôt moderne. Mais on revient rapidement aux fondamentaux du black tout en conservant cette touche faussement légère.

    Festmahl für die Krähen (Fête ou Festin pour les Corbeaux) alterne une rythmique alerte et un matraquage lourd qui vous fait croire au salut avant de vous replonger dans les méandres de la noirceur humaine.
    Pilgerreise (Pélerinage) n'a pas grand' chose à voir avec les Chemins de Compostelle malgré des sonorités médiévales légères que le jeu de la batterie et de la basse viennent tout de suite assombrir ! Peu de salut à attendre au bout du chemin avec cette gratte qui vous lobotomise et ces chants de chœur des damnés.

    Die Sonne über Ikarus (Au dessus d'Icare, le Soleil) fustige brutalement les orgueilleux avec encore des blast puissants, des passages mid tempo qui alternent avec des accélérations en forme de volée de coups.
    Ultime morceau, Dunkle Millenia clôt cet album en beauté dans une déferlante de puissance que viennent apaiser des passages étonnamment calmes dans cet ultime instant de fureur.

    KANKAR Dunkel Millennia

     

    Voilà un premier album fort plaisant et bien pensé qui ne se contente pas de hurler la misanthropie dans un son bien cracra.

    Dynkle Millennia explore nos instincts les plus vils en une revue sombre des péchés capitaux (luxure, envie, cupidité...) qui sommeillent en nous et nous composent à divers degrés. 
    L'intelligence de KANKAR est de savoir distiller une lueur d'espoir dans tant de noirceur en nous faisant réfléchir sur notre condition d'humains bien imparfaits.
    Leurs compositions, complexes, dépassent les habituels clichés du genre en mêlant habilement diverses influences qui vont du death, du pagan en passant par des notes franchement rock'n roll. Cette dichotomie musicale qui aurait pu n'être qu'un fatras musical, franchit l'écueil avec habileté et s'avère parfaitement maîtrisée pour donner un black metal romantique.
    Mais après tout, nous sommes en Thüringe : c'est la touche Thüringer Blackmetall.

    La prod est impeccable et sert la technicité du duo. Mais comme je l'ai dit plus haut, à certains passages j'ai eu du mal avec les voix additionnelles qui auraient pu être plus sombres, plus profondes pour mieux s'intégrer dans cet ensemble musical. 
    Un premier album riche et intense qui s'écoute avec plaisir.

    Ma note : 16,7/20

    Album écouté chez Decibel.

       

     

     

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