• Culture : année blanche, idées noires

    Crédit BestimageRappelez-vous la mi-février, le plus gros concert depuis un an ! 
    Un concert de louanges sur l'air de "You're simply the best!" quand notre Guide Suprême a "pris son pari" contre l'avis des autorités sanitaires de ne pas reconfiner l'Île-de-France.
    Et les thuriféraires de la Macronie de s'extasier devant l'homme qui en quelques mois en savait plus sur l'épidémie que ces médecins qui, eux, ont dû étudier des années durant pour faire moins bien que le président. Et du JDD en passant par LCI, tous d'écrire que les chiffres donnaient raison au président le plus éclairé du monde.

    Pari sur les vaccins qui allaient arriver en masse, sur l'accélération de la vaccination grâce au coup "d'accélérateur" du gouvernement, pari sur la mobilisation des soignants... Pari vaut bien une messe.

    N'importe quel joueur vous dira qu'avant de parier, il faut être sûr d'avoir les billes pour ce faire. Or le Micromegas de l'Élysée, fidèle à sa verticalité, parie avec les billes des autres.
    Et nous la met profond, profond.

     

    Le pari présidentiel est un pari sur la vie des autres, ce qui est le plus gros scandale d'une gouvernance.
    Un pari perdu d'avance car les promesses post confinement n'ont pas été tenues pour ce qui concerne la capacité des services de réa dans les hôpitaux et ce sur toute la France. Pire ! La politique ultra-libérale est plus forte que la pandémie : les fermetures de lits se poursuivent, les crédits à la recherche ont été gelés, les aménagements des lieux d'enseignement se font attendre, j'en passe et des meilleures.

    De sauts de puce en calculs politico-politiques le constat d'échec est violent, mortifère et pitoyable.
    Totalement soumis au bon vouloir des labos étrangers, la France est en retard, et ce n'est pas la suspension du vaccin Astra Zeneca qui arrange la situation hexagonale.

    Culture : année blanche, idées noires

    Outre les seules conséquences sanitaires, les conséquences humaines sont dévastatrices car nous sommes privés de tout ce qui peut rendre la vie supportable.
    Bars, restaurants, cinémas, théâtres, et concerts. Autant de soupapes de sécurité mentales qui ont sauté et qui nous condamnent à un ersatz en ligne qui ne remplacera jamais la vraie vie culturelle !

    Si quelques rares évènements live sont encore maintenus, tels le 8 Fest ou le Motocultor, rien encore ne peut en garantir la tenue tant les écueils sont nombreux.
    Le retard dans la vaccination en premier lieu mais aussi l'impéritie d'une ministre de la Culture qui a moins de pouvoir que les préfets qui viennent de se voir donné celui d'interdire tout rassemblement ou manifestation qu'ils jugeraient incompatibles avec les mesures d'urgence sanitaire. Si cette mesure vise essentiellement tout mouvement de contestation, elle pourrait toute aussi bien être appliquée à n'importe quelle manifestation artistique qui n'aurait pas l'heur de plaire à monsieur le préfet (merde ! j'oublie les préfètes !). Et pour peu que le couvre-feu soit maintenu sine die en attendant un taux de vaccination satisfaisant, on n'est pas sorti du sable. Car pour le moment toujours aucune décision n'est arrêtée quant aux jauges de fréquentation ou autre. Il est vrai que cette crise n'a qu'un an...

    Quant à un exil festivalier vers nos voisins européens, peu de chance qu'il suscite leur enthousiasme sans vaccination et sans passeport vaccinal puisque déjà certains pays l'exigent.
    Ursula van der Leyen réfléchit à la mise en place du "passeport vert", partant du postulat qu'à la fin de l'été 70 % de la population européenne serait vaccinée, après les festivals donc.
    Rien à voir bien sûr avec le passe sanitaire à la française que Macron appelle de ses vœux pour la reprise de certaines activités.
    Ainsi le vaccin n'est toujours pas obligatoire, exigé seulement, tout comme le passe sanitaire, Ausweiβ pour la libre circulations des personnes.

    La liberté ? Pourquoi se plaindre ? Il nous reste celle de fermer sa gueule, dont nous usons largement !

    A l'heure où j'écris ce billet une chose est sûre : on est sûr de rien sauf du fait que notre Guide Suprême ne veut ni perdre la face, ni faire quoi que ce soit qui mettrait en jeu sa réélection. 

    J'espère ne pas avoir à annoncer de nouveaux reports ou de nouvelles annulations mais encore faudrait-il qu'il y ait un capitaine à bord et qu'il ait assez de couilles pour éviter le naufrage total : même pendant celui du Titanic, l'orchestre jouait !

     

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