• SIRENIA Riddles, Ruins & Revelations (chro)

    SIRENIA Riddles, Ruins & Revelations (chro)J'avoue que question a priori je ne laisse pas ma part au chien et quand on me dit "metal sympho" je ressens vite des démangeaisons. 
    Bon, il m'arrive parfois de me laisser aller à en écouter mais c'est rare, très rare.

    Après avoir vu l'interview d'Emmanuelle Zoldan sur Loud TV, j'ai fait l'effort d'aller au delà des deux titres promos de leur nouvel album Riddles, Ruins and Revelations, et je ne le regrette pas.
    SIRENIA m'a agréablement surprise.

      

    Malgré le fait que SIRENIA aligne vingt ans de carrière, j'ai découvert ce groupe il y a une semaine. C'est dire que j'attaque cette chronique sans a priori (hormis celui mentionné plus haut), vierge de toute influence quant à leur œuvre passée.
    Je ne rentrerai pas dans les détails de l'histoire mouvementée de ce groupe qui est le bébé d'un homme, Morten Verland qui fonda SIRENIA en 2001 au sortir de son groupe précédent, Tristania. Après de nombreux changements de line-up et de chanteuses, c'est la Française Emmanuelle Zoldan qui prête sa voix à la sirène norvégienne, passant de l'ombre à la lumière.

    SIRENIA Riddles, Ruins & Revelations (chro)Bon, la cover ne m'aurait pas convaincue d'acheter cet album bien qu'elle soit signée par un maître du genre, Gyula Havancsák qui signa également celle de l'album The Life Path, plus réussie à mon goût. Mais elle est en adéquation avec le titre de ce dixième album : Énigmes, Ruines et Révélations, in french.

    Addiction n°1 commence sur une tonalité indus qui me rappelle certaines intros de Pain mais le doute est rapidement levé avec un martèlement bien métal asséné par la basse et la batterie de Michael Brush. La voix de la jeune Française, entre puissance et chaleur, s'intègre comme un instrument supplémentaire qui "adoucit" la brutalité du morceau. A environ 3 minutes, Nils Courbaron donne une petite touche de légèreté avec un petit solo plus léger et virtuose. Les chœurs en arrière-plan confèrent une impression de profondeur et de solennité. 
    Ce premier titre annonce ce qui nous attend sur les dix titres suivants : une variété de sonorités très différentes les unes des autres mais qui s'emboîtent cependant parfaitement par la grâce du talent de Morten Velad. Le beat d'Addiction n°1 est si foutrement efficace qu'il m'est resté dans la tête pour s'imposer au réveil !
    Towards en Early Grave est comme une piqûre de rappel  qui nous ramène à ce qui fait l'identité de Sirenia : un groupe de metal sympho. 
    Into Infinity désarçonne à nouveau avec un début typiquement électro/indus mais glisse à nouveau en pente douce vers un métal sympho énergique toujours mêlé de sons électros où la voix puissante d'Emmanuelle Zoldan vient se greffer tout naturellement, soulignée en légèreté par des chœurs discrets. La voix caverneuse de Morten vient discrètement rappeler le côté sombre de l'album avec un son caverneux d'outre-tombe.
    Passing Seasons fait un peu retomber la pression avant une nouvelle remontée en force où la voix de Zoldan se fait plus lyrique mais sans emphase. Synthétiseurs et guitares créent une atmosphère étrange, post-apocalyptique renforcée par des voix désincarnées.
    We come to Ruins est une chevauchée aux accents orientalisés où se répondent la voix de la jeune soprano et le growl angoissant de Veland. Là encore les rythmes s'alternent avec une surprenante logique, tandis que claviers et guitares se répondent entre mélodie et brutalité. Anges ou démons ?
    Sur le morceau Downwards Spiral la voix d'Emmanuelle Zoldan est à son apogée entre parties chantées et parlées mezzo vocce (en français), soutenu par le chant clair de Joakim Naess. On revient à un metal sympho plus "conventionnel" quoi que mêlé à des sonorités résolument électros. La guitare de Nils Courbaron clôt ce morceau avec un son plus pop.
    Nous sommes à peu près à la moitié de cet opus et il faut attendre December Snow pour une très relative accalmie dans cette tempête de sons avec des envolées guitaristiques tourbillonnantes comme une tempête de neige et des chœurs mystiques qui nous ramènent dans des ruines hantées.
    Pour conclure ce maelström sonore la reprise du tube français de la chanteuse Desireless, Voyage Voyage, arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Mais passé le moment du surprise, on apprécie cet instant de décompression, même sans paliers, aux arrangements foisonnants de vitalité. Et que dire de l'interprétation d'Emmanuelle Zoldan ! Je ne sais pas si Desireless a entendu cette reprise mais quelque chose me dit que cette chanteuse hors norme pour son époque (1987) apprécierait.

    MAJ 21/02/21 : Ah ! un  instant... Emma me confirme dans l'oreillette que Desireless a effectivement écouté cette cover et que si elle a complètement adhéré à la prestation vocale, le côté métal n'est pas son truc. Sans grande surprise mais l'essentiel pour nous ait qu'elle ait accepté ! Merci pour l'info Emma !

    Après presque 53 minutes, on ressort lessivé ! Car cet album est intense et dense.
    Allez ! J'avoue ! Il bat en brèche mes a priori sur le metal sympho qui, généralement, me parait linéaire, standardisé et formaté pour les minettes à dentelles noires.

    Après plusieurs écoutes, cet album m'apparait un peu comme une mosaïque : on a des petits bouts de tout et n'importe quoi, qui une fois assemblés donnent une mosaïque superbe qu'il faut contempler en prenant du recul.

    Morten Veland, le maître d'œuvre de cette mosaïque sonore, a d'une part le talent des bons compositeurs ainsi que celui d'un alchimiste qui transforme les matières brutes, les assemble dans un creuset musical pour en faire sortir un alliage metal riche.
    Ses complices, Nils Courbaron à la guitare, Michael Brush aux fûts, servent talentueusement ce metal complexe. Alors qu'on aurait pu craindre qu'ils soient noyés dans tant d'infos sonores, ils se démarquent aux contraires dans leurs parties.
    Ne connaissant pas celles qui officièrent avant elle et par conséquent échappant au désagréable travers de la comparaison, j'ai craqué sur le chant d'Emmanuelle Zoldan, Elle ne sert pas les compositions de Morten Veland, elle les porte. Voix chaude qui passe du murmure au cri silencieux, elle n'en dévoile pas moins ses talents lyriques mais sans emphase, nous épargnant ces roucoulades superfétatoires qui me gênent tant habituellement.

    Un album complexe mais homogène servi par une prod au cordeau, de la diversité, de la modernité, Riddles, Ruins and Revelations est un album qui se mérite mais qui ne vous lâche plus.

    Ma note : 18/20

                

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  • Commentaires

    1
    Lundi 15 Février à 11:00

    Super chronique que tu as écris sur le dernier album de Sirenia, ça me donne envie d'avoir l'album.Tu l'as bien noté smile

    Je préfère tes chroniques à celles des gens de Spirit-of-metal !

    J'adore Sirenia depuis leurs débuts et j'ai tous leurs albums.

     

    Tu me connais, j'adore le metal sympho et le metal gothique.J'ai du mal avec le metal extrème, je n'aime pas le hardcore, le deathcore, le metalcore et le grind (mon mari si, il peut tout écouter).

    Ma limite c'est le death mélodique. 

     

    2
    Nils
    Dimanche 21 Février à 11:21
    Merci pour la chronique! \m/
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