• Et le métal est né !

    J'ai vraiment très peu de merci à dire à mes parents mais aujourd'hui je leur suis vraiment reconnaissante de m'avoir donné le jour à la fin des 50's, début 60's car j'ai ainsi pu assister à un évènement qui 40 ans plus tard bouleversera toute ma vie : la gestation et la naissance du Metal.

     Car le Metal n'est pas issu d'une quelconque parthénogenèse musicale mais bel et bien de l'union de plusieurs géniteurs.
    Comme tous les styles musicaux au demeurant, qui  naquirent, se développèrent au gré des évolutions technologiques et sociétales

    Petit historique tout à fait personnel.

     

    Et le metal est né !Au premier jour était le blues.

    Musique noire pour jours sombres, au rythme lent et entêtant du désespoir. Guitare sèche pour larmes noires, la colonisation du blues par l'homme blanc fut rarement un succès : le blanc n'était pas encore assez désespéré pour cette musique qui ne lui appartenait pas et ne lui appartiendra jamais vraiment d'ailleurs.

    Puis vint le progrès pour (presque) tous, l'industrialisation galopante imposa au monde un nouveau rythme de vie, rapide, toujours plus rapide. Produire vite, produire plus pour que le capitalisme s'emballe et que quelques privilégiés s'enrichissent encore plus vite.
    D'autres ghettos apparurent, non plus par couleurs mais par classes sociales. Les ghettos ouvriers fleurirent, noirs et blancs.


    Et le metal est né !Le blues des champs de coton lui aussi muta, sans toutefois disparaitre.
    Les Noirs des ghettos prolétaires adaptèrent leur musique au rythme de cette vie plus trépidante et dans les années 1920 le jazz poussa sur les pavés de la Nouvelle-Orléans, de Chicago ou encore de Detroit.

    Si le jazz reste l'expression de la condition noire, les blancs se l'approprieront avec plus de succès cette fois.
    Dans les années 30 la prohibition fera autant pour la consommation d'alcool, qui ne cessa pas, que pour le jazz. Dans les bars, c'était la musique à la mode qui marquait le rejet d'une société trop puritaine, trop codifiée.
    C'est à cette même époque que la drogue apparait dans le monde souterrain des bars sous l'impulsion de la Mafia. Tous les jazzmen n'étaient pas drogués, il est infondé de le penser, mais jazz, alcool clandestin et drogue annonçaient le futur triptyque : sex, drug and rock'n roll.
    En Europe, il faudra attendre la deuxième guerre mondiale et que les boys amènent dans leur cantine le chewing-gum et le jazz. La jeunesse européenne s'emballera pour cette musique dynamique, si décadente aux yeux d'une Europe sclérosée et vieillissante face à la jeune Amérique. Mais le jazz touchera plus les classes bourgeoises que la classe ouvrière.

    L'après-guerre marquera l'évolution galopante des sociétés industrielles où le progrès avance à pas de géant. Les biens de consommation et de loisirs vont exploser, les moyens de communication aussi avec la présence de la TSF dans presque tous les foyers.

    Les 50's marquent un tournant décisif dans les sociétés modernes en général et dans le monde de la musique en particulier : l'apparition du microsillon en vinyle, moins onéreux que les vieux 78T en cire, et qui peut être fabriqué en masse. Les instruments de musique suivent la même évolution et la guitare électrique (dont l'essor commercial date de 1937) solid body telle que nous la connaissons aujourd'hui voit réellement le jour dans les années 50 grâce à Léo Fender.

    Et le metal est né !Des USA, encore, déferlera un nouveau style musical issu du rythm'n blues, du jazz et du country : le rock'n roll.

    Plus rapide, plus violente, cette musique est l'expression d'une jeunesse WASP (White Anglo-Saxon Protestant) qui explose sous le joug du puritanisme ambiant et qui veut jouir vite de la vie et de son confort matériel. C'est la génération Brando, la génération James Dean, vivre jeune, mourir vite. rebelles mais pas encore engagés.
    C'est cette génération là qui marquera les suivantes dans leur recherche de technicité toujours plus poussée pour jouer plus vite, plus fort.

    Mais une autre guerre s'annonce, découlant de la 2ème guerre mondiale, qui va durablement marquer les clivages de la musique telle que nous la connaissons au 21ème siècle : la guerre du Vietnam.
    Pour les plus jeunes, je rappelle qu'après WW2 et le partage des sphères d'influence, 2 conceptions du monde s'affrontent : un capitalisme libéral basé sur le profit et le communisme plus ou moins éclairé. La seule chose que se partagent les 2 blocs est leur soif d'hégémonie.
    Lorsqu'éclate la guerre du Vietnam on est loin de l'enthousiasme patriotique de WW2 et cette guerre sera ressentie comme une guerre coloniale, une guerre d'ingérence et surtout une guerre où les minorités et les plus pauvres sont les plus exposés.
    C'est ainsi qu'elle sera perçue par la jeunesse américaine des campus où les idées maoïstes ont fait leur chemin, puis bientôt par la jeunesse internationale après la diffusion de photos témoignant des horreurs commises sur les populations civiles.

    Cette contestation durera plusieurs années et donnera indirectement naissance à plusieurs courants musicaux qui impriment la musique actuelle : la pop musique, puis le hard rock.

    Et le metal est né !La deuxième moitié des 60's sera hippie. Flower power, drogue sexe et musique affoleront les parents et les autorités américaines, car à coup sur derrière cette contestation se cache la main mise du monstre communiste ! La musique, sous l'effet de la drogue (le LSD sera très en vogue) se fait psychédélique, l'herbe (délicieusement pure à l'époque) détend et fait rêver à un mode meilleur où l'humanisme et la fraternité reprendront leurs droits. Finie les guerres, mais un monde rempli d'amour, de sexe et de fumées odoriférantes. C'est le règne de l'utopie fraternelle. La guitare électrique est présente mais toute en harmonie planante, au début, car vont apparaître des artistes tels Janis Joplin qui n'a plus rien à voir avec la mélodique Joan Baez ou encore Jimmy Hendrix !

    4 étudiants tués par la Garde Nationale Campis de Kent (Ohio)Mais la contestation dure, la répression contre la jeunesse US se fait plus brutale. La musique aussi.
    Pendant ce temps, à travers le monde, la jeunesse bouge, rejetant l'ordre bourgeois d'une société qui campe sur des principes d'un autre temps, d'une autre guerre. La pop musique laisse place à un genre nouveau, à l'image de la jeunesse bouillonnante : le hard rock.

    Des deux côtés de l'Atlantique des musiciens s'affranchissent de l'académisme de leurs aînés et se déchaînent, faisant hurler leurs guitares à l'unisson de la jeunesse.

    Aux USA Jimmy Hendrix enflamme Woodstock, MC5 se fait charger par la police à Washigton.
    En Grande Bretagne naîtront Led Zeppelin, Judas Priest et le groupe Black Sabbath qui posera les fondations d'un genre nouveau : le METAL.

    Et le metal est né !Dans le climat des années 68/70, période contestataire par exellence, il est à noter que le hard rock n'est pas une musique contestataire, mais plus une contestation artistique qui bouscule les conventions musicales et utilise les progrès technologiques pour faire progresser le genre.

    Il faudra attendre la fin des 70's/ 80 pour que le vocable "metal" s'impose. Il englobe aujourd'hui la famille hard-rock.

    Je me sens privilégiée d'avoir vu naître et grandir ce genre qui est aujourd'hui ma passion et de constater que les oiseaux de mauvais augure, qui le condamnèrent dès son apparition, se sont bien plantés !
    Contrairement à d'autres genres ou styles (le disco ou même le rock) qui relèvent plus d'une nostalgie, le metal lui a continué d'évoluer, d'attirer de nouvelles générations et, mieux encore, il est désormais international.

    Long live metal

    elt.de

    « BLUT AUS NORD Ultima ThuleeA best of SLADE »

  • Commentaires

    1
    Mardi 26 Novembre 2019 à 22:27

    Bonsoir ma petite Pixelie,

    C'est une bonne idée d'avoir mit ton texte dans un article comme ça on peut laisser des commentaires. Tu as très bien écrit cet historique sur le metal, pas facile de résumer l'histoire de cette musique mais je ne ferais pas mieux, chapeau bas ! cool      

    Dire que tout est partit du blues, puis du jazz... quelle évolution avec les époques, les années qui sont passées ! Non le metal ne mourra pas, il perdurera et il en sera ainsi encore longtemps, n'en déplaise aux mauvaises langues et comme tu le dis si bien aux "oiseaux de mauvaise augure" (qu'ils aillent au Diable !).  

    Etant née dans les années 60, en pleine période hard rock, j'ai la chance d'avoir une tante maternelle qui avait 20 ans à cette époque et était fan de Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath... elle a plusieurs 33 tours de ces groupes qu'elle garde précieusement, même si elle n'écoute plus aujourd'hui ça lui rappelle sa jeunesse. Dommage que mes parents détestent le metal, c'est un sujet que mon mari et moi évitons de parler en leur présence. On ne peut pas forcer les gens à aimer, c'est ainsi... 

    Comme toi, je suis fan de metal et je le resterais même lorsque je serais âgée, pourquoi changer quand c'est une passion ? 

    Je suis ravie de te connaître chère Pixelie. Amitié virtuelle, certes, mais ça vaut l'amitié réelle qui est souvent décevante. 

    Bonne soirée mon amie, gros bisous smile

    Florence 

      • Mercredi 27 Novembre 2019 à 00:25

        Je t'avais dit que je trouverai la solution... sauf qu'il ne fallait pas être pressé !

        Cette analyse est purement empirique et il est probable qu'elle ne satisfasse pas les musicologues. :)

        Non ma Bichette, quand tu es née (fin des années 60 si je me souviens bien) on était en plein dans la période flower power, musique psychédélique. Tu devais donc avoir 5 ou 6 ans quand le hard rock a vraiment fait son entrée. Je crois qu'on a environ 7 ans de différence, non ?

        Je ne partage pas du tout ton optimisme quant à la longévité du metal et les ligues cathos réacs n'auront rien à faire : ce sont les métalleux eux-mêmes qui le tueront. Là dessus je rejoins totalement le Troll dans son analyse et j'y reviendrai moi aussi dans un bon coup de gueule.

        Mais, que le Diable me gratouille ! je vais citer NTM : "On est encore là, prêts à foutre le souk et tout le monde est corda !" (Naaaaan ! pas les pierres !).

        Ravie de te connaître aussi chère Flo

        Gros bisous

    2
    Mercredi 27 Novembre 2019 à 10:20

    Tant pis si ton analyse ne plait pas aux musicologues, moi je la trouve très bien, na !

    Je suis née en 1966 (en novembre exactement), c'est vrai qu'à cette époque c'était le flower power et la musique psychédélique, me suis trompée hi hi ! Nous avons 9 années de différences toi et moi, si je compte bien... Quand est arrivé le hard rock j'étais petite alors je ne me souviens pas. J'ai découvert cette musique à l'adolescence, mieux vaut tard que jamais comme on dit.

    Tu crois que les metalleux tueront le metal ? Le plus tard possible alors ! 

    NTM je n'aime pas, c'est du rap et je déteste cette musique ! Idem pour le R'N'B, la "soupe" indigeste qui passe à la télévision et sur les radios (on écoute plus la radio depuis plusieurs années), le disco, la pop, et d'autres musiques me laissent indifférentes. On ne peut pas tout aimer, c'est sûr.  J'aime bien la musique celtique, le rock, Luc Arbogast, le punk de temps en temps... 

    3
    Mercredi 27 Novembre 2019 à 11:48

    Hello

    deuxieme article a lire ce mercredi,

    journee de courses donc pas trop de temps

    je survole et reviendrai mieux lire cet historique

    merci des infos, je me suis contenté de lire le debut avec le Blues

     

    je suis depuis petit

    (conditionné par les parents, déjà ah ah ah)

    assez pour les variétés françaises, internationales, schlager (la variété teutonne) Eurovision  et pop music,

    depuis les années 80 90

    tres dance, et la musique des dancefloors et un peu DISCO 70 80

    parmi les artistes que j'aime en gros il y a :

    mes groupes culte ABBA (ah ah ah) , BONEY M,

    les chanteuses c'est MADONNA, VICKY LEANDROS, MARIANNE ROSENBERG (chanteuse allemande) SHEILA, PETULA CLARK; SYLVIE VARTAN, NANA MOUSKOURI, SARAH BRIGHTMAN, CELINE DION .........

    les chanteurs c'est WOLFGANG PETRY (rocker allemand, qui chante principalement en allemand), SARDOU, SERGE LAMA, ADAMO, HOWARD CARPENDALE (encore un artiste chantant en allemand) .....

    et de nombreux artistes de variété, pop.......des fois j'aime une ou deux chansons et pas l'album entier

    et ces années Stock Aitken et Watermann de la pop british au Top 50 ou non

     

     

     

    je decouvre le metal grace a toi et Flo,

    je suis passé a coté, mais on peut se rattraper des années apres, n'est ce pas ? ah ah ah

    la musique est là éternellement, plus qu'a la trouver et ecouter eh eh eh

    4
    Jeudi 28 Novembre 2019 à 10:25

    Hello (ou Hell Oh)

    enfin lu tout cet article interessant sur la naissance de ces musiques : blues, jazz, pop, rock et le metal..................et un peu de classique avec une preference vers l'opera

    .................comme je l’ai ecrit sur le com d'avant, je suis plus variétés et pop, dance dans les gouts et choix musicaux

    merci d'avoir fait ce petit historique du patrimoine musical mondial

      • Jeudi 28 Novembre 2019 à 13:11

        Re coucou

        En fait ce n'était pas ça le but, j'ai du mal m'exprimer.

        Le but est de montrer la progression d'un genre à l'autre pour arriver au métal.
        Le classique influe quant à lui dans la construction des morceaux.

        Quant au côté "opéra" c'est une greffe sur le genre mais ça ne fait pas partie du génome "metal". Disons que la greffe a bien pris, un peu trop à mon goût en tout cas.

        Bonne journée !

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :